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Parents info bébé : des articles sur l’éducation qu’il vaut mieux ne pas lire!

Bien souvent je tombe sur des articles de Parents infobébés qui me font me dresser les cheveux sur la tête.

Le dernier en date « Mon enfant réclame sans cesse » est un mélange d’idées reçues sur l’enfant et de vulgarisation de psychologie Freudienne qui date de bien avant la découverte des neurosciences.

Je me demande qui écrit ces articles…un stagiaire?  En tout cas, ça ne doit pas être un journaliste, pas selon mes critères du journalisme (éthique, recherche d’informations, confrontation d’opinions, interviews de professionnels…). Lire la suite de « Parents info bébé : des articles sur l’éducation qu’il vaut mieux ne pas lire! »

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L’enfant roi : une invention pour légitimer un mode d’éducation révolu…

L’enfant roi, c’est comme les extra terrestres, on en parle beaucoup sans jamais le voir!!


On parle souvent de l’enfant roi, mais existe-t-il vraiment, cet enfant roi?

Quand on parle d’éducation bienveillante/positive ou consciente , il est fréquent qu’on nous mette en garde « tu vas en faire un enfant roi!! ».

« Quoi?! tu ne le punis pas? Mais comment il va comprendre ce qui est interdit? »

 Et oui!!! comment faire rentrer de gré ou de force les codes sociaux qui font de nous une société et ce, sans punition?

Et bien c’est impossible!!  en effet, il est impossible de faire rentrer de « gré ou de force » des codes sociaux sans punir, humilier, réprimander, taper… Si l’on veut dresser son enfant il faut utiliser ces méthodes.

Par contre si l’on veut éduquer, accompagner son enfant dans la vie afin qu’il soit une personne douée d’empathie, qui soit à l’écoute des autres, respectueuse des règles de vie en communauté et encline à coopérer alors il faut impérativement oublier toutes ces méthodes.

Mais tout d’abord, qui est il , l’enfant roi? existe t il? Est il le même pour chacun? 

Je pourrais définir l’enfant roi comme un enfant qui fait ce qu’il veut quand il veut, qui réclame, trépigne, s’impatiente, désobéit…celui qui hurle dans la rue, se jette par terre de frustration.

Mais pour mon voisin, cela peut être un enfant qui ose parler à table, un enfant qui ne dirait pas bonjour, ne serait pas d’accord avec son parent, un enfant qui refuserait d’obéir aux ordres.. Je suis sur que chacun d’entre nous avons une vision bien différente de ce qu’est un enfant roi…Car nos limites sont différentes. Lire la suite de « L’enfant roi : une invention pour légitimer un mode d’éducation révolu… »

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Parler de la mort avec son enfant…

Parler de la mort à Big boy…. Mettre en mots et l’accompagner dans cette prise de conscience, ça nous a fait grandir aussi face à cette inévitable finalité…

Parler de la mort c’est jamais facile..enfin …pour nous autres adultes.

On a souvent une sorte de gène, de peur… comme Voldemort dans Harry Potter :  il ne faut pas prononcer son nom, à peine l’évoquer, en parler à demi-mot!!!

Alors on utilise des formulations évasives:  « parti »,  « décédé » ou des métaphores  « endormi pour toujours », »avec les étoiles », « monté au ciel », « au paradis »…bref… tout sauf le mot mort. C’est tabou.

Beaucoup dirons qu’il faut protéger les enfants, ne pas leurs dire la vérité, la triste vérité…ou qu’ils sont trop petits, qu’ils ne peuvent pas comprendre le concept de mort….

Mais je pense que c’est plutôt nous, adulte, que ça dérange, nous qui sommes prompts à nous voiler la face, à omettre pour nous même notre propre fin. Nous qui sommes incapables d’accepter la mort.


S’interroger sur nos principes et donc nos objectifs afin d’agir en respectant nos valeurs.

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Juger ou ne pas juger, telle est la question?

Que celui qui n’a jamais jugé autrui me jette la première pierre…

Quand on devient parent on est confronté de plein fouet au jugement des autres.


Quand j’y réfléchis, je me rends compte qu’on est toujours sous le regard des autres et de leurs jugements. Et une fois parents, on se rend souvent compte que nous sommes jugé constamment par les « autres ». C’est amplifié car l’éducation des enfants est un sujet très « touchy ». Cela remet en question les valeurs que l’on a reçu, l’éducation que l’on donne, nos principes, nos certitudes,  nos méthodes, cela peut nous ébranler profondément.
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« Etre parent la nuit aussi » Comment aider votre enfant à dormir du Docteur SEARS

Voila un livre qui fait du bien aux parents qui cododottent!!

Vous aussi vous avez des enfants qui ne dorment pas 12 heures la nuit à 2 mois? alors ce livre est pour vous.

Ce livre aborde le sujet du sommeil mais aussi celui du maternage qui favorise l’attachement.

Le Docteur Sears parle de « l’art parental favorisant l’attachement ». Un concept qui se base sur nos ressentis, qui fait appel au mammifère qui est en nous, à notre instinct que l’on fait trop souvent taire, enfoui sous des couches de civilisation.

Il propose toutes sortes de manières de dormir avec ses enfants, il rassure sur le fait que ce n’est pas mal…qu’au contraire c’est bien puisque l’enfant y puise des ressources, de l’amour, de la sécurité. L’important est de sentir que l’on est en harmonie.  Il indique aussi que cela ne convient pas à tout le monde pour diverses raisons :  une pratique du sommeil partagée à contre cœur ou trop tardive, un lit trop petit, être trop conscient de la présence de bébé et de ses bruits, un bébé qui bouge trop…Bref il insiste bien sur le fait que l’arrangement idéal est celui qui favorise l’harmonie.

Les BABI (Bébés aux besoins intenses)

Chaque enfant a des besoins différents, c’est pourquoi on ne peut plaquer une réponse, donner un conseil qui marcherait à tous les coups.

Il donne l’exemple des Bébés aux besoins intenses qui peuvent ressentir le besoin de dormir avec leurs parents très longtemps. Comme Big boy par exemple, qui dort encore avec nous à presque 5 ans.

Oui, après avoir lu son chapitre sur les BABI (bébés aux besoins intenses) j’en viens a me dire que Big boy doit en être un. Il mentionne le fait que ces bébés ont un sommeil léger entre les différents phases et ont des difficultés à se rendormir pour embrayer sur un autre cycle. Ce qui fait des bébés qui peuvent se réveiller toutes les heures pour réclamer à nouveau d’être accompagnés dans le sommeil.  Ce qui était le cas de Big boy quand il était bébé.

Pour ces bébés il recommande le cododo qui permet aux parents et à l’enfant de caler leur rythme de sommeil l’un sur l’autre au bout de quelque temps (les cycles se synchronisent) et aide l’enfant à se rendormir sereinement.

J’avoue qu’on a mis du temps à vraiment accepter la situation et le besoin du Big boy. Sans doute que nous étions trop modelé par le principe que les enfants doivent dormir dans leur chambre. On essayait toujours de trouver un truc pour qu’il aille dans son lit : une veilleuse, une autre veilleuse, un super réveil, des petites étoiles brillantes, des tonnes de peluches etc…etc…jusqu’au jour ou on a mis un matelas par terre dans notre chambre, on a totalement lâché prise, et tant mieux car du coup il s’est mis à dormir la nuit entière, avec nous, mais la nuit entière!!! son besoin de proximité était comblé et notre besoin de sommeil également.

Les bénéfices du sommeil partagé.

Selon lui, l’art parental a de nombreux bénéfices pour l’enfant : l’estime de soi, la capacité à s’attacher aux autres, la discipline (et oui, un enfant bien dans sa peau est plus enclin à adopter un comportement approprié), il apprend à être un meilleur parent dans le futur. J’avoue être en tous points d’accord avec lui.

J’adore cette phrase qu’il dit à un moment : « Le fait d’accueillir affectueusement votre enfant dans le lit ou la chambre familiale (et non simplement y tolérer sa présence) lui fait savoir : « pour nous, tu es unique. nous nous soucions de ton bien-être autant la nuit que le jour ».

J’avoue que pour Big boy, le fait qu’il dorme dans notre chambre n’était pas un choix, le manque d’espace nous y a contraint jusqu’à ses 2 ans. Je pense que nous avons pris ça pour un problème alors qu’au fait c’était une solution…le fait que ce soit pesant pour nous n’a certainement pas arrangé la situation.

Depuis que c’est un choix de dormir avec lui, que nous prenons conscience des bénéfices pour tout le monde, c’est vrai que nous dormons mieux. Ce n’est plus un problème. Nous répondons à son besoin jusqu’à ce qu’il décide de lui même qu’il n’a plus besoin de nous.

Je pense que si j’ai lutté si longtemps pour trouver des solutions pour le faire dormir dans son lit c’est beaucoup par convention sociale, avec un gout d’échec dans la bouche…et cette question : mais qu’est ce qu’on a mal fait?

J’aime beaucoup que ce Docteur dise que non, les parents ne font pas mal, ils ne font pas prendre de mauvaises habitudes

« Il est vrai qu’il semblera temporairement dépendant et ne voudra pas quitter votre lit. C’est une conséquence naturelle du sentiment de bien être. (..). Vous n’encourager pas votre bébé à être dépendant en dormant avec lui. Vous répondez plutôt à un de ses besoins fondamentaux et vous lui apprenez à faire confiance. (…) Ils parviennent à l’étape de l’indépendance quand ils sont prêts » et que « toute la question est de savoir comment votre enfant quittera votre lit et non quand il le quittera ».

L’allaitement.

Il nous parle aussi de l’allaitement nocturne et de ses bienfaits : cela aide à une bonne prise de poids (ça je confirme, Mini est bien portant^^) et taille, le lait maternel favoriserait aussi un bon développement du cerveau grâce à la taurine qu’il contient. Il  conseille de « laisser le buffet ouvert » la nuit. Certains bébés ont besoin du calme de la nuit pour bien téter, trop éveillés à ce qui les entoure la journée ils sont distraits. C’est le cas de Mini, il tète très peu en journée et son attention est vite détournée du sein.

Le sommeil partager réduit les risques de Mort subite.

Le sommeil du bébé est différent du notre. Il explique bien que les phases de sommeil sont plus courtes que les notre. Que c’est d’ailleurs salutaire pour éviter la mort subite du nourrisson. Que la MSN survient  plus fréquemment vers 3 mois, à l’age ou les cycles de sommeil se modifient et s’allongent.

Le sommeil actif des bébés tend à les protéger contre la MSN.

Le fait de savoir que mes bébés se reveillent pour éviter de mourir me fait mieux passer la pilule des nuits pourries!!!

Le sommeil partagé rend la mère plus sensible et augmente la conscience de la mère vis à vis du bébé, ce qui permet de réduire les risques de MSN. Le bébé respire mieux lorsqu’il partage son sommeil.

Le Docteur Sears donne aussi des conseils pour aider l’enfant à avoir de plus longues périodes de sommeil. Je trouve ses conseils toujours bienveillant et de bon sens. Je ne vais pas les énumérer ici, car ce livre est telement intéressant que j’en aurais pour des pages et des pages!!!

Un petit bémol : l’avant propos de la LLL

La seule chose qui m’a un peu gênée dans son livre c’est l‘avant propos de la mère fondatrice de la LLL. Quand elle évoque « son respect de la famille et de l’institution du mariage ». J’avoue, que ces petits mots m’ont donné envie de refermer le bouquin direct, pourtant ma famille est une représentation type de la famille traditionnelle.

Ça a raisonné comme les phrases des ces stupides manifestants de la manif pour tous…ça me hérisse le poil rien que d’y repenser!!!!

J’ai fait fi de cette préface et j’ai lu le bouquin. pour me faire mon avis.

Le Docteur SEARS a vraiment une conception de la famille qui reste traditionnelle, il aborde néanmoins la reprise du travail pour les femmes, ou le parent seul.

Je pense que quelle que soit la famille, hétéro, homo, mono, multi, (…)  que le mieux pour respecter les besoins de l’enfant c’est qu’une personne prenne une place de maternant auprès de l’enfant au moins pendant les six premier mois, voir la première année mais bien sur nous ne sommes pas en Suède et cela n’est pas forcement possible en France.

En tout cas, le cododo est présenté comme une possibilité pour le ou les parent(s) de donner à leur enfant cette base de sécurité affective et pour pallier à l’absence durant la journée. Le Docteur SEARS, dit en avoir été ravi, avec ses 8 enfants (et oui 8!!) car il travaillait beaucoup et ses moments de proximité la nuit étaient aussi une manière de combler ce manque et de montrer sa présence.

Ce livre, une fois le coté très papa/maman mis de coté donne de très bonnes pistes, une bonne réflexion sur les besoins de l’enfant et comment y répondre pour que la famille (quelle qu’elle soit) vive avec ses enfants de manière harmonieuse et respectueuse. Il est tout a fait transposable à toutes les familles et je le conseillerais donc à tout le monde!!

Ce qui ressort de cette lecture c’est beaucoup de bienveillance à l’égard des parents, du bon sens dans les conseils, un profond respect des bébés et des enfants, un livre qui rassure les parents qui souhaitent écouter leurs sentiments profonds et instincts. Un livre « chauxdoudou » pour les parents maternant….

 La phrase clef que je vais retenir de ce bouquin est :

« Le bébé humain fait partie d’une espèce qui besoin de contact continu ».

Bonne lecture!!!

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Apprendre aux enfants à prêter leurs jouets? une vrai bonne idée?

Faut il vraiment inciter nos enfants à prêter?

Après la lecture d’un article sur ce thème je me suis rendue compte que j’étais un peu mal à l’aise avec cette notion de prêt. Je vais donc essayer de clarifier ma pensée, ce qui n’est pas facile car j’ai un peu perdu mon cerveau ces derniers temps….(bébé, nuits fragmentées, mini koala collé moi et siestes éclairs d’une demi heure en cause…)

Repartons donc du tout début, avec la définition de prêter…

Définition du verbe Prêter :

Mettre à la disposition de quelqu’un pour une période déterminé. 

Donner une chose sous condition que celui qui la reçoit la rendra.

Pourquoi cela nous parait il si important d’apprendre à nos enfants à prêter?

J’entends fréquemment qu’il faut que les enfants apprennent à prêter. Il semble qu’il soit de bon ton que notre enfant « prête » ses jeux, sous peine d’écoper de regards réprobateurs des autres parents, et des réflexions sur leur « mauvaise éducation » .

Le regard des autres, même si je pense m’en être affranchie est toujours pesant pour moi quand il s’agit de conflits liés au prêt.

C’est vrai que ça « la fout mal » quand son enfant se cramponne à un jouet en hurlant « c’est à moi!! » ou encore quand il se met à mordre un enfant qui veut lui « piquer » …(oui c’est du vécu!!), ou quand il ne veut rien prêter des ses jouets aux invitées qui viennent à la maison (du vécu aussi)….

Ça nous parait donc important, certainement pour éviter ce genre de conflit.

J’entends aussi souvent que « prêter c’est bien car il faut apprendre à partager ». Ça nous parait important car nous avons conscience que notre société est trop individualiste et nous « souhaiterions » qu’il en soit autrement pour nos enfants…qu’ils vivent dans un monde plus altruiste, qu’ils soient capable de changer le monde…

Mais prêter est-ce partager?


Prêter est-ce partager?

Définition du verbe partager 

Diviser en plusieurs part, avoir en commun. 

Prêter n’est donc pas partager au sens strict du terme. Quand on prête on « perd » momentanément l’objet en question.

Et l’on sait que l’enfant n’a pas de notion de temps. On peut penser que pour lui l’objet prêté est « perdu ».

De plus prêter un objet ne signifie pas le partager , car on ne sépare pas l’objet en morceaux.

De plus, si l’on peut prêter un jouet , on ne peu pas prêter un jeu.

Un jeu est une action, l’action de jouer ne peut être prêtée mais peut être commune à plusieurs personnes. On ne prête pas une action mais on la partage.

Si on ne peut pas prêter un jeu, on peut le partager et apprendre à jouer ensemble (le jeu collectif se développe tard) ou cote à cote pour les plus jeunes.

Il y a donc une différence entre prêter et partager car le premier peut se faire sans l’autre, alors que le deuxième ne peut se faire sans le premier.

Prêter est donc une action altruiste mais où finalement chacun est de son coté, tandis que partager est une action de communication et d’échange.

La valeur qui se cache derrière la notion de l’apprentissage du prêt et donc plutôt, une valeur de partage. Ce qui, pour moi, est une valeur importante.

Cette valeur de « partage » est basée sur la communication, l’échange, l’empathie, des particularités qui sont innées à l’être humain. Nous n’avons donc pas à les enseigner  mais à les entretenir et les développer, en veillant surtout a ne pas les corrompre par l’éducation.

« Apprendre » à partager plutôt qu’à prêter…

L’action de prêter est reliée au matériel. Partager est une action d’échange.

Je me dis que si on axe notre éducation sur la valeur « partage », nous pourrons arriver certainement assez facilement au « prêt ». L’enfant étant dans une dynamique de partage de jeux va donc être « obligé » de prêter un jouet à un copain pour créer un jeu commun….

Je me dis qu’en passant d’abord par le « prêt » on empêche peut être le « partage ». A être trop focalisés sur une conséquence on oublie la valeur première d’échange et de jouer ensemble. 

Est ce qu’on doit vraiment « apprendre » à l’enfant ?  Ne serait ce pas plutôt accompagner notre enfant dans le développement de cette valeur qui est déjà présente naturellement en lui? 

N’est ce pas nous, par notre (mauvais) exemple qui enseignons à nos enfants le sens de la propriété privée ?

Après tout, c’est nous qui aspirons à être propriétaire,  c’est nous qui achetons à outrance des objets dans cette société de consommation, c’est nous qui craignons de prêter un dvd ou un livre car nous plaçons l’objet sur un piédestal!!! c’est nous qui voulons tout : la tv, la machine à laver le linge, la perceuse… j’ai même grave kiffé d’avoir ma tronçonneuse à moi….Alors qu’on pourrait organiser une société differente : une machine à laver pour deux ou trois familles; un local commun pour les outils…c’est vrai on gagnerait de la place dans nos appartements!!

Jeremy Rifkin nous  rappelle dans son livre « La nouvelle société du cout marginal zéro » que l’être humain est bien plus social qu’individualiste:

« Nous apprenons aujourd’hui que notre espèce est la plus sociale de toutes, car elle peut s’enorgueillir d’un néocortex très étendu et ultracomplexe. Les chercheurs en sciences cognitives nous disent que notre système nerveux a acquis une prédisposition à éprouver de la détresse empathique, et que notre survie évolutionniste a été due à notre sociabilité collective beaucoup plus qu’a nos penchants intéressés ». 

Alors que les enfants sont naturellement enclin à l’empathie, nous, nous passons devant les SDF dans la rue avec un regard gêné…et si je donne une pièce, honnêtement, c’est pour me déculpabiliser de posséder autant…

Je demande à mon enfant de prêter les jeux de sa chambre mais suis je moi-même capable de m’imaginer inviter un SDF à prendre une douche chaude chez moi? non, j’aurais trop peur… Peur qu’il m’agresse, peur qu’il salisse, peur qu’il s’incruste, peur de me sentir obligée de prêter plus, de donner plus…peur de perdre…

N’est ce pas cette peur que nous transmettons, malgré nous, à nos enfants?

Nous sommes des animaux de communication, notre survie est profondément liée aux autres mais nous l’oublions dans cette société qu’est la notre, celle à laquelle nous participons par nos attitudes. Nous voulons peut être que nos enfants soient meilleurs que nous…construisent une société plus partageuse…mais nous leur envoyons le signal inverse. Nous voulons peut être nous dédouaner de notre responsabilité en leur demandant de « prêter », comme si c’était eux qu’il fallait changer et non nous, pour changer le monde.

Au final n’est ce pas nous et donc cette éducation qui pervertissons ce que naturellement les bébés, les enfants ont en eux?

En fonction de l’Éducation que l’on donne on développe plus ou moins (voir on les entrave) les qualités positives de l’être humain.

Encore faut il être conscient de ce que l’on transmet malgré soit, par nos attitudes par exemple…on peut bien souvent avoir un discours mais le démentir par nos actes…

Allons, revenons à nos moutons….

Le partage amène au prêt.

On peut avoir envie de prêter quelque chose afin de partager un jeu.

Personne ne peut nous forcer à avoir envie de partager, de communiquer….alors qu’on peut nous forcer à prêter…. C’est souvent le cas lorsqu’on insiste lourdement pour que l’enfant prête son jeu…ça m’est déjà arrivé surtout face aux regards extérieurs et à la peur du jugement.

Insister pour que l’enfant prête  :

Bien sur je ne parle même pas des adultes qui forcent à prêter tel ou tel jouet….c’est bien sur loin de mes convictions et de mes pratiques….mais inciter un enfant, je l’ai déjà fait….et je me remets en question sur ce point. Car au final, inciter, vu le poids de l’adulte sur l’enfant, est déjà une violence.

Le prêt revêt alors une notion désagréable, de soumission et d’obéissance alors que le partage revêt une notion positive d’échange et du coup de richesse d’interaction.

-« allez, tu pourrais prêter quand même »

-« je te demande de prêter ce jouet maintenant, ça fait longtemps que tu joues avec, c’est chacun son tour »

Mais qui suis-je pour juger du temps nécessaire a tel ou tel jeu? l’enfant joue dans une dynamique dont la temporalité lui est propre….Le jeu est un acte sans temporalité, et vital aux apprentissages de cet enfant à ce moment, je pense que l’interrompre est une violence et une négation de ce besoin.

Mais que faire alors quand notre enfant veut le jouet d’un autre dans un espace public?

Ce n’est pas le jouet en lui-même qui attire un enfant mais plutôt l’utilisation qu’en fait l’autre. Le jouet perd du coup tout intérêt des qu’il atterri dans les mains de l’enfant qui le convoitait.

Peut être plutôt que d’apprendre à nos enfants à prêter nous pourrions leurs apprendre à respecter le jeux de l’autre?

Ainsi si mon enfant veut le jouet d’un autre je peux lui dire « machin joue avec, c’est un moment important pour lui, tu auras ce jeu quand il sera libre ».

j’ai déjà eu ce genre de phrase pour mon fils, mais ce n’est pas facile de tenir quand on a en face un autre adulte qui dit à son enfant d’un air de reproche  » tu pourrais prêter quand même ». Cela disqualifie mon action. Il me faudrait alors expliquer à l’autre parent toute ma démarche  mais je ne le fais pas car je me « sens obligée » de faire de même avec mon fils comme pour « renvoyer l’ascenseur »….oui je sais c’est nase…

En insistant on encourage je pense, un effet contraire à celui escompté. Enfin si l’on veut que la finalité ne soit pas le prêt en lui même mais plutôt le partage.  Prêter à contre cœur n’est pas un enseignement positif à mon sens…

ok c’est bien tout ça…mais concrètement..qu’est ce que je vais faire du coup?

Si je pars du principe que la notion sociale de « partage » dans le sens de communication est innée, j’ai pas grand chose à faire, à part « faire confiance » à l’empathie de mon enfant et surtout essayer de montrer l’exemple autant que possible, et verbaliser mes propres difficultés en ce domaine.

-Peut être juste de proposer de prêter? en essayant d’y mettre le moins d’affect possible.

-Demander à mon enfant de respecter le jeux de l’autre.

-Expliquer à mon entourage proche que je ne souhaite pas qu’on insiste pour que des jeux lui soit prêtés

-Prevenir mon enfant en amont: » nous allons dans un lieu où les jouets sont en communs, et où la règle est le partage des jouets et des jeux »

.Nous allons avoir des invités : « je te propose de ranger hors de portée ce que tu ne veux absolument pas prêter, pour le reste la règle est de prêter tes jouets et de partager tes jeux. comme moi je vais prêter mes assiettes et partager mon repas avec les parents de tes copains. » (et donc être un exemple)

-Intervenir le moins possible une fois les règles édictées afin que les enfants s’auto-régulent et que l’adulte ne prennent pas une place d’arbitre qui peut bien souvent être vécue comme arbitraire et injuste.

-proposer un jouet du même type.

-écouter les sentiments de frustration, faire de l’écoute active (et donc ne pas avancer de solution ni de propositionsafin que les enfants trouvent eux même un terrain d’entente).

-arrêter de mettre la notion de prêt avant celle de partage.

articles pour reflechir :

http://bridoz.com/cette-mere-explique-parfaitement-pourquoi-elle-napprend-pas-le-partage-ses-enfants/

http://www.plurielles.fr/parents/fiche-pratique/mon-enfant-ne-veut-pas-preter-ses-jouets-que-faire-4811519-402.html

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L’importance de tenir ses promesses….

Tenir ses promesses, plus qu’une simple valeur, un véritable engagement pour améliorer la société de demain.

Nous parents, pouvons être au cœur de ce changement en tenant nos promesses.

Manquer à sa promesse

Une promesse :  fait de s’engager à faire, à dire ou à fournir…

Une promesse nous engage.

Ce n’est pas toujours facile mais je trouve que c’est primordial.

Nos enfants comptent sur nous et lorsqu’on ne tient pas une promesse on peut voir la grande déception qu’ils ressentent. Ils peuvent réagir de bien des manières : pleurs, « chouinages », colère, frustration…et même au bout d’un moment ne plus réagir du tout. Ne plus s’attendre à ce que leurs parents tiennent leurs promesses.

J’essaie toujours de tenir les promesses que je fais à mon Big Boy , ou alors je ne fais pas de promesses que je ne pourrais pas tenir.

Il y a parfois des promesses que l’on ne peut malheureusement pas tenir, pour des raisons qui nous sont extérieures….

Pendant les vacances j’avais promis d’amener Big boy à la piscine, j’ai regardé les horaires et nous avons convenu d’un jour. Le jour dit, nous arrivons devant la piscine mais elle est fermée pour vidange. Je me suis donc excusé de ne pas pouvoir l’amener, et j’ai expliqué le problème en marquant bien aussi ma déception. Nous avons été très déçus tous les deux mais il ne m’en a pas voulu. Il a compris que je n’avais pas rompu ma promesse mais que des événements extérieurs étaient responsables. Et nous avons reporté la sortie à la semaine suivante.

Faire une « promesse en l’air » risque de nous faire perdre la confiance de nos enfants. 

Avoir la confiance de Big boy est très important pour moi. Cela veut dire qu’il pourra toujours me parler en toute sécurité sans crainte de punition ou autre et donc un dialogue sain est ouvert.

Lorsqu’on ne tient pas une promesse on envoie des messages négatifs à son enfant :

 

-je dis quelque chose mais je ne le fais pas, (ma parole n’a pas de valeur)

-la déception de l’autre m’importe peu, (manque d’empathie/de respect de l’autre)

-je fais ce qui m’arrange sans tenir compte de l’autre…(égoïsme/manque de respect de l’autre)

Nous souhaitons, en tant que parents, montrer l’exemple à nos enfants, transmettre des valeurs. Cela requiert que nous soyons les premiers à les appliquer. N’oublions pas que les enfants apprennent grace à ce que l’on  appelle des neurones miroir.

Comme le dit très bien Scott Garrels (2004) :

« Des preuves convergentes de la psychologie du développement et de la neuroscience cognitive démontrent que l’imitation basée sur l’activité neurale miroir et le comportement réciproque interpersonnel est ce sur quoi est construit le développement humain. »

Tenir une promesse va au dela de la promesse elle même. Nous montrons ainsi que les sentiments de l’autre sont pour nous important et que nous les respectons.

Respect

La valeur de « respect » de l’autre ou des biens est souvent mise en cause dans notre société.

Il est fréquent d’entendre « les jeunes d’aujourd’hui ne respectent plus rien », « les jeunes ne respectent pus leurs parents/les adultes »…

Cette déliquescence de la valeur « respect » est un sentiment général…et l’exemple de nos politiques, qui eux même ne tiennent pas leurs promesses, ou font des promesses en l’air. Ils nous font bien trop souvent sentir qu’ils ne nous respectent pas.

Ils ne respectent pas le peuple souverain et par la même occasion, la population en arrive à ne plus respecter les institutions, ni les parents leurs enfants et ni les enfants leurs parents.  

Tous les être humains ont des neurones miroir, cela ne s’arrête pas l’enfance.

Il ne faut pas s’attendre à ce que nos enfants tiennent leurs promesses si nous ne sommes pas nous-même un exemple.

Il ne faut pas s’attendre à ce que le peuple, nous, les adultes respections les institutions, les politiques (vous voyez le « tous pourri »!) si eux même ne respectent pas leurs promesses.

Ne demandons pas à nos enfant de faire ce que nous ne faisons pas… »respecter l’autre sans retour ».

Ne le leur demandons pas afin que ceux ci, soient l’avenir de demain, des humains doués d’empathie, respectueux d’autrui et capable de se révolter face à l’adversité;

Ne le leur demandons pas afin qu’ils puissent avoir confiance en nous mais surtout en eux, ne pas rester asservis à la loi plus fort/riche/puissant mais trouver en eux la force d’être eux mêmes, d’être justes, d’être fiers, de ne pas se laisser manipuler ni berner.

La question de la promesse entraine de nombreuses valeurs : le respect, l’empathie, la confiance et bien d’autres que je dois oublier… 

C’est pourquoi, je ne fais pas de promesse que je ne peux pas tenir.

Je préfère lui dire « je ne sais pas si je pourrais, si c’est possible… », et maintenant que Big boy a intégré la négation  » je ne peux pas te promettre de t’amener là, de t’offrir ça.. »  « oui, je te promets que nous le ferons mais je ne sais pas quand nous pourrons le faire ».

Si il m’arrivait de ne pas pouvoir tenir une promesse alors je m’en excuserais auprès de lui…car nous pouvons faire des erreurs, c’est humain, et apprendre à s’excuser est une manière de réparer l’erreur.

Quand on demande à l’enfant de faire une promesse. 

Le fameux :  « Promet moi que tu ne recommenceras plus.« 

Alors, c’est sur que si déjà on a l’habitude de ne pas tenir nos engagements en tant que parents il me semble difficile de demander à nos enfants de le faire.

Il y a aussi un autre paramètre: celui du développement du cerveau de l’enfant qui n’est pas à même de tenir sur la longueur une « promesse » surtout que bien souvent, la demande de l’adulte est particulièrement vague.

« Promet moi que tu seras sage » : oui mais c’est quoi sage? sage pour moi n’est pas le même sage que pour le parent d’à coté…mieux vaut dire « je te demande de parler doucement dans la salle d’attente », vous utilisez ainsi la formulation « je » et vous n’utilisez pas la promesse à tort et à travers…la promesse est réellement un engagement que beaucoup d’adultes ont du mal à tenir…alors un enfant c’est évident qu’on lui en demande trop… demander trop à un enfant est voué à l’échec, il faut prendre en compte sa maturité neuronale et affective.


« Promet moi que tu ne taperas plus jamais«  est d’une inefficacité redoutable…mais il est vrai aussi que si mon fils ne tient pas une promesse je peux lui dire en toute conscience et honnêteté :   » j’aime qu’on tienne une promesse, je tache toujours de tenir les miennes »...la moindre des choses si je lui faisais promettre de ne plus taper ce serait que je ne le tape pas non plus….et j’entends par taper la fessée, la tapette sur la main ou sur la cuisse…bref toutes les violences que nous sommes prompt à nommer « éducatives ».

D’une manière générale je ne demande pas à Big Boy de me faire des promesses. Je pense qu’il est trop jeune (au niveau de sa maturation cérébrale) pour pouvoir »tenir une promesse ». Je pense que cela viendra de lui au moment ou il sera prêt. Certainement vers l’age de 7 ou 8 ans, l’enfant peut être capable de faire une promesse à un copain ou à ses parents… Mais d’une manière générale, la promesse est quelque chose qui vient de soit pour quelqu’un (ou pour soi même) et non pas à partir d’une demande, je trouve que cela fait un peu forcer de demander à quelqu’un une promesse ou alors il faut vraiment avoir en tête que la personne peut dire « non, je m’en sens pas capable/je ne peux pas… », et accepter ainsi que ait sa propre liberté de s’engager ou non.

Une promesse ne se fait, pour moi, jamais à la légère. Elle engage la parole de l’adulte et donc la confiance que l’enfant nous porte.

Je n’ai pas trouvé beaucoup d’articles ou de lectures sur le sujet…mais bon en voilà 1 qui m’a semblé bien.

Si vous en connaissez, je me ferais un plaisir de les ajouter.

Articles :

neurones miroir : http://www.automatesintelligents.com/labo/2005/mar/neuronesmiroir.html

 

Un article d’une psychologue…en générale je suis pas fan mais là je trouve ça juste

http://www.vosquestionsdeparents.fr/dossier/828/education-des-enfants-faire-des-promesses-et-les-respecter/page/2

 

http://www.vosquestionsdeparents.fr/dossier/828/education-des-enfants-faire-des-promesses-et-les-respecter