Publié dans Coups de gueule, Education

Parents info bébé : des articles sur l’éducation qu’il vaut mieux ne pas lire!

Bien souvent je tombe sur des articles de Parents infobébés qui me font me dresser les cheveux sur la tête.

Le dernier en date « Mon enfant réclame sans cesse » est un mélange d’idées reçues sur l’enfant et de vulgarisation de psychologie Freudienne qui date de bien avant la découverte des neurosciences.

Je me demande qui écrit ces articles…un stagiaire?  En tout cas, ça ne doit pas être un journaliste, pas selon mes critères du journalisme (éthique, recherche d’informations, confrontation d’opinions, interviews de professionnels…).

« Il ne sait pas faire la différence entre ses besoins et ses désirs. Il a vu cette petite voiture dans les mains d’un plus grand, au supermarché. Pour lui, le fait de la posséder est vital : ça va le rendre plus fort, plus grand. »

Alors oui, un enfant, comme beaucoup d’adultes d’ailleurs,  ne fait pas la différence entre besoins et désirs. C’est d’autant plus vrai que la plupart des adultes ne connaissent pas eux même cette différence et montrent à l’égard de la satisfaction de leurs désirs une vive urgence ( genre capable de sacrifier de la nourriture pour l’achat d’un dernier smartphone en vogue!!). De plus, bien souvent, les besoins des enfants sont niés « mais non tu n’as pas trop chaud, tu gardes ton manteau, il fait froid » ou « aller mange, tu as faim, il est midi »… Donc au final, c’est nous, adultes qui ne permettons pas aux enfants d’identifier ce qu’est un besoin et ce qu’est un désir. Nous allons d’ailleurs bien souvent faire des cadeaux (désirs) pour combler nos absences (besoins).

De plus, l’interprétation qui est faite du ressenti de l’enfant est fausse. Non, il ne veut pas se sentir fort ou grand. Ce n’est vraiment pas le problème. Le besoin sous-jacent est le besoin d’exploration. L’objet utilisé par un autre enfant doit être bien intéressant, donc il a besoin de le découvrir. L’enfant a une force de découverte incroyable, ce qui fait que durant les premières années, il est capable d’acquérir un nombre fantastique de connaissances.

Donc, non, il ne veut pas «  attirer votre attention » il veut juste découvrir son environnement.

« Peut-être n’êtes-vous pas très disponible en ce moment, il manque de temps d’échanges avec vous. Vous réclamer quelque chose, c’est sa façon de vous réclamer de l’amour et de l’attention. » Pour Info Bébé, c’est donc vous qui êtes en défaut, pas assez ci ou ça. Et bien, je ne suis pas d’accord !!!  C’est vrai que c’est toujours bon de se demander si on passe assez de temps avec nos enfants mais le problème n’est pas là…  Perso, je suis très disponible et ça n’empêche pas mes enfants de réclamer !! C’est juste leur force vitale qui s’exprime, le besoin d’exploration, le foisonnant besoin de comprendre, d’apprendre.

En regardant positivement l’élan de l’enfant, nos réactions seront différentes, constructives, au lieu de sanctionner cette attitude,  portons là comme une qualité. L’enfant compris dans son besoin va acquérir progressivement, en fonction de la maturation de son cerveau, la capacité à remettre à plus tard, à patienter, à rêver ….

« un enfant a besoin de connaître assez jeune une certaine dose de frustration » voila une affirmation qui me laisse bien perplexe. Sur quoi se base le « journaliste » pour écrire ça? et quelle dose exactement?  Avec ce genre de conseil on peut toujours dire que untel ou untel ne frustre pas assez ou trop…quel est le juste milieu ? la dose doit être identique pour tous?

Cette affirmation est la porte d’entrée à beaucoup d’abus. Si en effet, la vie amène son lot de frustration, rien ne sert d’en rajouter. Hors avec ce genre d’assertion on induit que les parents doivent frustrer…chercher à frustrer…pour le bien de l’enfant! Beaucoup de maltraitances existent avec pour excuse que « c’est pour le bien de l’enfant ».

Ils partent du principes que « Savoir l’accepter(la frustration) lui permettra de s’insérer dans un groupe en tenant compte des autres, de s’adapter aux règles sociales, et ensuite, dans sa vie amoureuse et professionnelle, de résister aux déceptions et aux échecs. A l’adulte de l’aider à vivre cette frustration en dédramatisant.« . Et bien c’est un point de vue que je ne partage pas. Je pense au contraire, que c’est l’empathie qui permet de faire des rencontres amoureuse, d’avoir des amis, de respecter les règles pour le bien être de chacun. C’est une chance que l’empathie se trouve en nous de manière innée…il ne tiens qu’à nous, adultes, de ne pas l’étouffer dans l’œuf mais au contraire, de la cultiver. Nous pouvons cultiver l’empathie en faisant preuve d’empathie envers nos enfants!! les neurones miroirs (même mon fils de 5 ans sait ce que c’est !!) se chargent du reste!! magique non?!!

Bien sur, l’article met en garde contre le fait de ne jamais dire « non », au risque de se retrouver avec un tyran !! Personnellement, je n’ai jamais vu de parents ne disant jamais non!! Je pense que c’est impossible, à moins d’être atteint du syndrome ni non ni non!! je m’égare avec des vannes vaseuses, excusez moi.. Bref, je pense que l’ensemble des parents disent non, à un moment ou à un autre..La plupart, oscillent entre permissivité et fermeté, ce qui ne manque pas de déstabiliser la personne (l’enfant en l’occurrence) en face. La voix de l’éducation consciente (ou positive ou bienveillante) est donc intéressante pour éviter ces deux écueils.

L’article propose ensuite des solutions sur la forme suivante : « Comment lui résister »…je suis encore une fois sans voix!! L’éducation ne serait donc que de la résistance face à l’enfant. Il faut donc résister à ce petit tyran en puissance, le faire plier quoi!! et bien, quand on travaille avec des humains, la première chose que l’on doit savoir c’est d’être flexible (pas la flexibilité de notre ministre du travail hein!!) , oui flexible comme un roseau qui se plie au gré du vent mais ne casse pas, qui change de direction pour se mouvoir avec le vent….c’est beau non?

Alors, nom de nom!!! l’enfant n’est pas un ennemi! cessons de le voir comme un être à éduquer et éduquons nous les uns les autres dans un enrichissement mutuel.

Depuis que je suis parent, je me demande qui de mes fils ou de moi éduque l’autre!

L’article donne cependant un bon conseil : répondre aux besoin de l’enfant. Oui c’est bien, encore faut il savoir quelles sont ses besoins qui sont bien souvent méconnus.

L’article propose d’anticiper. C’est bien ça, mais si vous anticiper trop en amont avec un enfant qui n’a pas de notion de temps ça va pas vous aider beaucoup. Les exemples proposés sont affligeants

« « On va au supermarché, tu pourras tout regarder, mais je ne t’achèterai pas de jouets. » ; « Je t’offre deux tours de manège, mais c’est tout. » Au moment où il réclame, rappelez-lui la règle, avec calme et assurance »

C’est méconnaitre que les enfants n’entendent pas la négation. Votre enfant va donc entendre « on va au supermarché, tu pourras tout regarder mais je t’achèterai un jouet ». Cela dit, si vous êtes a 20 min du supermarché, avec un enfant de 2 ou 3 ans, vous pouvez être sur qu’il aura déjà oublié la consigne au pied de l’établissement….sans parler du fait que ces endroits sont un lieu de sur-stimulation. Quand j’arrive dans un carrouf je ne dispose plus de mon cerveau, alors j’imagine même pas un enfant de 2 ans…et puis moi la dedans je suis du genre à acheter des trucs inutiles…pas vous? pourquoi votre enfant ne pourrait aussi s’acheter un truc inutile?

Donc on y va avec une liste, ça canalise, on se focalise sur la liste et on oublie de regarder toutes les pub et attractions…alors on peut faire participer l’enfant ou mieux le laisser à la maison!!! (ou faire ses courses au drive, ça fait faire des économies^^).

Ensuite il faut « rester ferme » selon eux….et oui, il ne faut pas céder à la colère… Mais là aussi j’ai du mal à ne pas céder à la colère!! Ils conseillent de rester bien butés sur nos positions de parents..Bah oui, nous savons, nous décidons, nous éduquons. On doit donc être fermes. Mais pas trop non plus pour pas faire un impatient chronique nous prévient l’article!! Alors on a intérêt à savoir doser, à bien comptabiliser le nombre de « oui » et de « non » que l’on prononce pour équilibrer au maximum et éviter d’avoir un tyran ou un impatient ! C’est bien connu, éduquer un enfant, repose sur un simple calcul mathématique …

Que de bons conseils, pas du tout anxiogènes pour des parents!!

Alors je propose de vous écouter, d’écouter votre enfant. De parler avec lui, de lui dire VOS limites. Ce que vous attendez de lui clairement. Je vous propose de vous comporter avec lui comme vous voudriez qu’il se comporte avec vous…vous vous souvenez, les neurones miroirs^^ Montrez lui de l’empathie, il vous en montrera, montrez lui de l’écoute véritable, il vous écoutera, grandissez avec lui et partagez vos passions, vos questionnements, vos craintes, vos joies…votre enfant est votre égal mais il ne dispose pas d’un cerveau mature, vous devez donc le protéger et surtout l’aimer.

Et puis un dernier conseil, zappez les articles d’Info Bébé!!!

 

 

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