Publié dans Coups de gueule, Education

L’enfant roi : une invention pour légitimer un mode d’éducation révolu…

L’enfant roi, c’est comme les extra terrestres, on en parle beaucoup sans jamais le voir!!


On parle souvent de l’enfant roi, mais existe-t-il vraiment, cet enfant roi?

Quand on parle d’éducation bienveillante/positive ou consciente , il est fréquent qu’on nous mette en garde « tu vas en faire un enfant roi!! ».

« Quoi?! tu ne le punis pas? Mais comment il va comprendre ce qui est interdit? »

 Et oui!!! comment faire rentrer de gré ou de force les codes sociaux qui font de nous une société et ce, sans punition?

Et bien c’est impossible!!  en effet, il est impossible de faire rentrer de « gré ou de force » des codes sociaux sans punir, humilier, réprimander, taper… Si l’on veut dresser son enfant il faut utiliser ces méthodes.

Par contre si l’on veut éduquer, accompagner son enfant dans la vie afin qu’il soit une personne douée d’empathie, qui soit à l’écoute des autres, respectueuse des règles de vie en communauté et encline à coopérer alors il faut impérativement oublier toutes ces méthodes.

Mais tout d’abord, qui est il , l’enfant roi? existe t il? Est il le même pour chacun? 

Je pourrais définir l’enfant roi comme un enfant qui fait ce qu’il veut quand il veut, qui réclame, trépigne, s’impatiente, désobéit…celui qui hurle dans la rue, se jette par terre de frustration.

Mais pour mon voisin, cela peut être un enfant qui ose parler à table, un enfant qui ne dirait pas bonjour, ne serait pas d’accord avec son parent, un enfant qui refuserait d’obéir aux ordres.. Je suis sur que chacun d’entre nous avons une vision bien différente de ce qu’est un enfant roi…Car nos limites sont différentes.

Mais cet enfant, n’est il pas bien vite qualifié d’enfant roi? ne serait il pas plutôt un enfant en souffrance? Est-il « roi » pour toujours? telle une étiquette indélébile accrochée à sa personne? Cet enfant ne serait-il pas simplement une personne qui cherche à se faire entendre, comprendre?
Je suis heureuse de lire les mots de Catherine Gueguen dans son dernier livre « Vivre heureux avec son enfant ».

 Elle dit que certains parents oscillent entre « laisser faire sans rien dire par facilité et la violence verbale et physique. Ces enfants ne sont pas « gâtés », mais sont au contraire souvent humiliés, maltraités dans l’intimité familiale ». 


Il m’est souvent arrivé en effet de « laisser faire ». On laisse, on laisse et puis d’un coup on arrive à notre seuil de tolérance. C’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. On a presque rien vu venir avant d’ailleurs, on se sens agacée, la moutarde monte au nez (comme dirait Big boy)…et puis d’un coup la jauge est dans le rouge et on se met à crier (au mieux). Cela a du vous arriver à vous aussi…non?!!

Quand l’adulte « déborde » ainsi, c’est important de reprendre, de s’excuser ensuite.

Crier (punir, dénigrer, taper…) sur d’autres individus n’est jamais une solution, encore moins quand il s’agit d’enfant. 

Lorsque ces moments de « laisser faire » suivi de « pétage de plomb »sont trop nombreux, qu’ils sont le quotidien, alors oui, certainement, l’enfant est perdu, effrayé, en insécurité…Il a certainement besoin de « dire » son malaise d’une manière ou d’une autre et peu faire des « crises », de plus en plus de « crises », ne pas se montrer coopérant, se mettre en danger… 

Se rendre compte de tout ça permet de relativiser, de prendre du recul, de s’apercevoir que notre vision de tel ou tel individu n’est que partielle, momentanée…un instant T qui se déroule devant nous et qui est déformé par notre prisme personnel et unique.

Qui sommes nous pour étiqueter si rapidement une autre personne, un enfant qui plus est, en le déclarant enfant « roi »?


Alors je peux vous dire que cet enfant n’existe pas.  Il n’est qu’un mot pour effrayer les parents, les faire se sentir coupable de ne pas avoir un enfant « bien élevé » en toutes circonstances.

L’enfant insécurisé par contre existe bien et c’est sans doute cela que nous qualifions bien vite d’enfant roi.

La peur de l’enfant roi nous crispe, elle nous renforce bien souvent dans l’autoritarisme.

Elle nous empêche d’aller vers d’autres modes éducatifs de peur de mal faire. Il faudrait pour certains, rester sur nos principes arriérés d’obéissance et de sanction. Après tout « nos parents ont réussi à faire de nous des personnes adaptées à la société!! », « on en est pas mort d’une ou deux fessées, qu’on avait certainement méritées! » ‘il faut bien punir pour faire comprendre ce qui est bien ou non? »


Il faudrait rester à tout prix dans ce modèle qui fait qu’il y a l’éduqué et l’éducateur, le soumis et le dominant, l’exécutant et le donneur d’ordres, parce qu’« il faut préparer les enfants au monde dur du travail où on a un chef à qui il faut obéir ». 


Vous vous doutez bien que toutes ces phrases me sortent littéralement par les yeux!!!  Nan, mais franchement!! c’est ça qu’on veut? des enfants beni-oui-oui qui disent d’accord à tous les ordres sans réfléchir?

 

Je veux que la société change, j’ai pas envie de râler sans rien faire!! on peut changer les choses en adoptant un mode d’éducation conscient. Un mode d’éducation qui élève vers plus de respect, d’empathie, d’échange….on peut changer la société en commençant nous même à nous remettre en question… alors qu’est ce qu’on attend?!!


L’éducation consciente (terme que je vais préférer aux autres) permet justement d’arrêter de fonctionner selon ces deux modèles (« laxiste » et « autoritaire »).

Entre autres,  grâce à l’apprentissage de nouvelles habilités (selon le terme employé par Faber et Mazelish) qui nous permettent de sortir des écueils des autres types d’éducation. Il est fort peu probable qu’une famille qui apprend à mieux communiquer, à respecter les sentiments et aspirations des uns et des autres dans le respect mutuel puisse engendrer des comportements inadmissibles de la part des enfants. C’est au contraire une solution pour régler ce type de comportement.

Nous pouvons également nous informer grâce aux livres de Catherine Gueguen sur les avancées des découvertes de neurosciences affectives.


En éducation consciente, l’enfant n’est pas un enfant mais une personne avant tout. Il a la particularité d’avoir un cerveau qui n’est pas terminé, en pleine construction et évolution. Nous devons, en tant que personne ayant atteint une maturation neuronale, prendre un soin particulier pour que leur maturation se fasse dans de bonnes conditions. Cela exclu l’utilisation de punition, intimidation, menace, pouvoir, force physique….

Et pour finir je vais citer (encore) Catherine Gueguen  : « Une réflexion très approfondie de toute la société sur l’éducation en famille, à l’école, s’avère une nécessité urgente pour prendre connaissance des dernières recherches sur ce qui favorise le bon développement de l’enfant ou au contraire l’entrave, et cette prise de conscience doit nous mener à ne pas confondre éducation et soumission ». 


Alors, n’attendons pas les politiques pour faire évoluer la famille et l’éducation de nos enfants. Nous avons entre nos mains, le pouvoir de faire évoluer la société et de faire la (R)évolution.

  

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