Publié dans Education

Le « terrible two » est il une étape incontournable?

Tout le monde en parle…mais existe-t-il vraiment ou est-ce une invention de notre société?!!

Tout le monde en parle…si on tape sur google « terrible two » c’est dingue le nombre d’articles, de discussions, de conseils, que l’on peut trouver sur le sujet.  Sur les groupes facebook que je fréquente il est présent quotidiennement aussi…

Le « terrible two » mais qu’est ce que c’est?

Apparemment, ce serait le fait que l’enfant de 2 ans dise « NON », qu’il refuse de s’habiller,  qu’il fasse des crises dans les magasins parce qu’il veut ci ou ça…bref, l’enfant veut décider pour lui ,faire seul…être quelqu’un à part entière…

C’est vrai que certaines situations sont plutôt épique… comme la fois ou baby boy s’est roulé en hurlant par terre dans le magasin car il ne voulait pas sortir du caddie! et évidemment dans ces cas la, tu ne peux pas attraper ton môme car il se transforme en gelée flasque!!   Je remercie le vigile de l’avoir ramasser et calmer direct rien que par son initiative. Grâce à lui, cela a mis fin aux regards réprobateurs des personnes alentours.

Bon, il devait avoir 14 mois à tout péter!!! alors « terrible two » ou non?

Personne ne semble remettre en question ce fameux « terrible two » et tout le monde en parle comme d’un passage obligatoire…

Il semble arriver souvent d’un coup, à 18 mois ou 2 ans et repartir pareillement à 3 ans, ou 3 ans et demi.. pour laisser place au « fucking four »!!!  (oui, oui, fucking four!!! et peu être bientot au…j’sais pas moua..heuhhh « crazy five »? « silly six »? « nardine seven »? bref…je m’égare!!)

Si tu n’as pas de « terrible two » c’est que soit tu es fucking « mère parfaite » (détestée par tout le monde) soit c’est que tu as du bol d’avoir « un môme facile »…ou parce que tu n’as « qu’ 1 rejeton « donc tu ne sais pas de quoi tu parles!!

Bien que je ne sois pas une » mère parfaite », que je n’ai pas un « môme facile » (parce que ni l’un ni l’autre n’existe… ) et que …ah si j’ai qu’1 môme!!…et malgré tout je vous dis…je n’y crois pas…cela n’existe pas chez moi…

Je ne crois donc pas  au « terrible two »…

Je suis bien consciente que les enfants réclament plus d’autonomie, que c’est parfois frustrant de ne pas arriver à faire comme on voudrait ce que l’on voudrait…mais du coup pourquoi terrible « TWO » ?

Le bébé a déjà plein de phases d’autonomisation qui se passent avec plus ou moins de heurts…

Lorsque le bébé commence à ramper et à tout attrapper…lorsqu’il se met debout et explore l’appartement, quand il commence à marcher et VEUT marcher tout le temps mais pas forcement dans le bon sens quand on est dans la rue… 

Et puis aussi, quand il veut manger seul mais ne maitrise pas encore bien son geste, qu’il rate sa bouche, et s’énerve de pas y arriver, jette son assiette…

Et puis encore après, quand il commence à parler mais qu’on ne comprend pas ce qu’il dit, ce qu’il veut….

Et quand plus tard il veut cet objet, ce jouet dans ce magasin, courir, découvrir et ne pas faire la sieste…

Et puis, ne pas aller à la crèche, ni à l’école, ne pas venir manger, ne pas aller dans la poussette, ne pas faire un bisous à mamie « parce que j’aime pas les bisous », ne pas , ne pas, non, je veux PAS….

Et pourquoi « terrible » parce qu’il nous dérange? Ne correspond pas à l’image de l’enfant sage et obéissant? Je trouve ce mot bien dur et très négatif… Pour rigoler entre nous certes, mais là j’ai l’impression que tout le monde redoute ce passage et l’anticipe même avant d’y être confronté!!!

Et bien, pour moi, ce n’est pas une « phase » brutale ou horrible c’est l’état naturel de l’être humain. 

Ce n’est pas 2 ans, mais toute la vie que cet état dure…avec plus ou moins de force, d’opposition, de résistance, de compromis, de négociation, d’acceptation, et même parfois de resignation.

Perso, si j’aime pas manger un truc je le mangerais pas, je ferais un effort si je suis invité car je suis une adulte et que j’ai appris les règles de bien-vivre…(quoique j’ai mes limites quand même!! si on me donne de la cervelle ou des tripes je passe mon tour)..

Je crois par contre que l’acquisition de l’autonomie, est un mouvement qui commence très tôt et que lorsqu’on s’adapte dès les premiers signes de besoin de l’enfant en ce sens, cela permet d’atténuer, de limiter les réactions parfois très violentes de l’opposition. L’enfant pousse dans ce sens, et bien souvent, on résiste jusqu’à ce qu’on ne puisse plus faire autrement que de réaliser qu’on est en conflit permanent.  Et c’est là que les crises s’enchainent et renforcent souvent les uns dans l’opposition  et les autres dans la fermeté. « je ne céderai pas » « c’est moi l’adulte, c’est « moi qui décide »…

Et si on parlait plutôt de « période d’affirmation de soi » ??!! je trouve cela beaucoup plus positif !!!Ce qui m’aide beaucoup dans ma vie mais aussi dans mes relations avec mon fils c’est d’essayer de voir les choses sous un angle positif, cela change tout mon état d’esprit… c’est vraiment incroyable comment le regard qu’on porte sur une situation peu améliorer presque « magiquement » la situation elle-même.

Je suis fière que mon fils s’affirme et découvre qui il est. 

Nos enfants sont des personnes à part entière. 

Je me dis que si on arrêtait de voir cette « phase » comme pénible (ou à la redouter avant la crise!!!) ce serait peu être plus facile de voir que nos enfants ne sont pas que NOS enfants mais des personnes à part entière et que nous pouvons être fière d’eux... qu’ils sachent dire ce qu’il veulent, ce qu’ils aiment, fière qu’ils se construisent leurs propre identité…

Au fait, ce qui est difficile c’est de « faire avec quelqu’un d’autre » et ce quelqu’un est en apprentissage de qui il est… de ce qu’est le monde dans lequel il vit, des codes qui le régissent…

Et nous aussi, parents, découvrons qui est cet autre personne qui vit avec nous, et que nous aimons plus que tout…

La difficulté pour nous a été de nous adapter aux comportements de notre enfant, il était totalement dépendant de nous bébé et petit a petit il prend de l’autonomie… nous avons du accepter la perte de notre toute puissance sur notre enfant, du parent indispensable en tout, et devenir des accompagnateur vers…vers le « faire tout seul » vers « je peux t’aider si tu le souhaite », « je crois en toi, en tes capacités »…

C’est cet état d’esprit qui a permis chez nous, de ne pas être en conflit permanent avec le Big Boy.

J’imagine le parent comme un bambou, qui plie, s’ajuste au vent afin d’éviter la cassure…

 

J’essaie de me mettre à sa place

J’essaie de me mettre a sa place, déjà pour pouvoir poser des mots sur ses émotions…que peut-il bien ressentir ?

Comment je me sentirais si j’étais lui? Je fais preuve d’empathie et  je fais  appel à mes souvenirs d’enfants.

Mettre en mots, chercher à comprendre… cela lui montre qu’il m’importe, qu’il EST important, que son RESSENTI est important, que SA personne est importante.

Quand le sentiment juste est mis en mot, j’ai remarqué que cela suffisait souvent à calmer l’état du Big Boy. On peut ensuite passer dialogue…: à l’explication, voir à la négociation si il y a lieu…

 

Mon expérience

Chez nous, Baby Boy, avant de devenir Big Boy, a commencé à s’affirmer à 6 mois. Avec le l’acquisition de la marche avec appuis, il pouvait du coup, accéder à beaucoup d’objets auxquels il n’accédait pas en rampant.

Alors forcément il fallu que nous trouvions une solution…qu’on s’adapte quoi…

Nous avons opté pour un aménagement de l’espace, tout ce qui ce trouvait a sa porté devait être autorisé, excepté le lecteur DVD et la TV que nous ne pouvions changer de place..

Mais sinon, les livres fragiles ont trouvé une place en hauteur afin de ne laisser à l’expérimentation que les livres de poches et ses livres à lui…

Vu qu’on avait très peu de place, beaucoup de choses étaient à sa portée…les dvd par exemple, nous avons choisi de lui laisser des dvd pourris afin qu’il puisse satisfaire son besoin d’explorer le fonctionnement de l’ouverture de boite/retrait du dvd/remise du dvd.

L’enfant occupé est un enfant calme, attentif à son occupation et qui permet, grâce à son autonomie dans sa découverte du monde, au parent de faire autre chose, voir de ne rien faire d’autre que d’observer sa progéniture avec des yeux émerveillés « oui, c’est sur mon fils est un génie!!

Bon, ce n’est qu’un exemple, mais c’est pour dire que le souci de l’acquisition de l’autonomie est important pour moi depuis l’émergence de celle ci.

Une période qui dure pour moi de 6 mois (acquisition de la marche avec appuis) jusqu’à……..je sais pas…j’y suis pas encore!!

Donc voila, pour moi, pas de terrible two… »juste » un enfant qui apprend à être autonome, à faire ses propres choix et qui a besoin qu’on l’accompagne dans cet apprentissage, et ce,  tout au long de son enfance…(parce que à l’age adulte ce ne sera plus mon affaire mais la sienne!!!). Un apprentissage qui ne se fait pas sans heurt mais qui est riche en connaissance de soi et de l’autre. 

Alors oui, c’est pas simple mais c’est ça que je trouve génial!!!

Ce n’est pas terrible, c’est incroyable!!

 

Mes trucs de maman

-chercher à nommer le sentiment : frustration, tristesse, colère, envie, douleur; peur, deception…

-expliquer ma position/mon besoin :  j’ai besoin…………..que tu………………..car je……………………………..

.ex « j’ai besoin que tu restes assis dans la poussette car il y a beaucoup de monde te je crains de tomber si je te porte »

ex : « je crains d’être en retard si nous ne partons pas tout de suite c’est pourquoi il faut vite nous habiller »

 

utiliser le jeu pour désamorcer une situation conflictuelle : tu a le temps de jouer encore 10min, et ensuite quand je dirais « go » il faudra qu’on se fasse le plus vite possible pour s’habiller »

utiliser l’imaginaire : j’ai l’impression que tu aimerais bien avoir cette voiture… ce serait super on pourrait l’avoir en rouge et on dirait que c’est une voiture magique de noël!!! et blabla une histoire merveilleuse…

remettre à plus tard (pour les plus grands) : tu veux des crêpes et bien je n’en ai pas pour l’instant, je te propose qu’on en fasse demain? tu connais les ingrédients nécessaire?……nous allons devoir vérifier que nous avons tout…

-lui proposer de participer  a la préparation des repas, des taches de la vie quotidienne.

lâcher prise sur ce qui n’est pas vital ou d’une grande importance pour nous….et oui, il s’agit de négocier et la négociation suggère que les deux partie doivent faire des concessions, mais nous sommes adultes, il va de soi qu’il va nous falloir faire, au début, plus de concessions que notre enfant…celui ci va ainsi apprendre progressivement en prenant exemple sur vous et votre capacité a lâcher prise sur certaines choses.

me renseigner sur le développement de l’enfant et sur les techniques de communication non violente. Essayer d’appliquer ce que j’ai appris et compris.

-me mettre en tête que mon enfant n’agit pas contre moi, il ne fait pas de caprices ou de colères pour rien… ses sentiments sont véritables et sont aussi important que les miens.

limiter les sucreries. (voir les supprimer totalement)

-prendre conscience que l’enfant apprend par mimétisme...donc ma manière de réagir sera un modèle pour mon fils… si je dis « non » trop souvent et pour tout, il ne faut pas que je m’étonne qu’il utilise le non… si je dis « oui tu peux faire cela » en montrant ce qui est autorisé et pas répéter sans cesse « non ».

-Essayer de respecter le rythme de mon enfant dans ses acquisitions…ce n’est pas évident car parfois j’ai envie qu’il acquière certaines choses auxquelles il n’accorde aucune importance. Par exemple le déshabillage et l’habillage qui est une chose fréquemment acquise par des copains du même age, il m’a fallu me forcer à accepter que son rythme en ce domaine n’est pas dans la norme habituelle.. ce qui, même pour moi qui n’aime pas « la norme » et « le moule », est une difficulté que je dois surmonter. Il faut savoir accepter que le processus est individuel et donc propre a chaque personne.

Tout cela n’est évidemment pas sortit tout seul de mon chapeau!!! alors merci à tous les auteurs et blogueurs qui m’ont permis de me remettre en question et de réfléchir autrement et qui continuent à alimenter ma démarche!!!

Mes lectures de blogs/d’articles :

http://lesvendredisintellos.com/2013/08/24/filliozat-et-la-remise-en-question-de-mon-alimentation/

http://wondermomes.fr/education-bienveillante/

http://www.contrepoints.org/2013/05/25/125531-pourquoi-les-parents-devraient-laisser-leurs-enfants-tranquilles

http://www.alice-miller.com/edito_fr.php?lang=fr&nid=64

 

Mes bouquins fétiches :

Isabelle Fillozat « au coeur des émotions de l’enfant », « L’intelligence du coeur », « Il n’y a pas de parents parfait »

Aletha Solter « Pleurs et colères des enfants et des bébés »

Jean Liedloff « Le concept du continuum  »

Docteur Thomas Gordon « Parents efficaces »

Jesper Juul « Regarde…ton enfant est compétent »

 

Mes sites de pédilections :

http://www.familylab.fr/

http://www.oveo.org/

http://www.awareparenting.com/french.htm

 

 

 

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3 commentaires sur « Le « terrible two » est il une étape incontournable? »

  1. Merci pour le lien ! Pour le terrible two, je pense que ça dépend de l’enfant, des parents et de leur relation, de leur type d’éducation…ma fille a presque 3 ans et je n’ai pas connu le terrible two…mon deuxième a fait quelques colères mais ça n’a pas duré….pour l’aîné en revanche…mais je ne savais pas tout ce que je sais maintenant mais c’est finalement son terrible two qui m’a permis de me remettre en question…alors c’était un mal pour un bien 😉

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